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  • Photo du rédacteurChristophe GIRONIS

Nos projets agroforestiers...

Dernière mise à jour : 2 janv.

En septembre 2019, nous avions dans l’idée de développer des ateliers autour de la permaculture et de la forêt nourricière, ou plutôt sur la façon de bien se nourrir en essayant de s’intégrer au maximum dans la nature. Il pourrait paraître décalé ou rétrograde à certains de voir apparaître une démarche calquée sur celle du « chasseur-cueilleur » d’Amazonie ou du bush australien, mais nous restons persuadés qu’en redonnant au monde végétal sa place originale, et en vivant en symbiose avec les autres hôtes de ce « nouvel univers urbain ou rural », nous pouvons avoir notre place et tout à y gagner. Mais tout reste encore à faire même si des idées et des projets émergent « aux quatre coins » du globe. Ôter de l’esprit l’anthropocentrisme dans lequel nous grandissons est une démarche longue mais hélas le temps nous est compté.

Septembre 2019, nous défrichons une des terrasses des nombreux jardins jadis cultivés et en reboisement de nos jours. L’idée n’est pas de tout raser et de retourner la terre pour en faire des zones productives.



Une vue générale de quelques buttes en culture mi-mai


Ces terrasses abandonnées ont été recolonisées par des plantes pionnières telles que les ronces, les prunelliers, le merisier, le laurier, le frêne et l’acacia. Ce dernier est un bon fixateur d’azote, permet à la fois d’avoir un humus endo et ectomicorhyzien, mais se développe très vite et défonce complètement les murs en pierres sèches des terrasses. Un travail de gestion forestière et de restauration a débuté avec quelques bénévoles ayant envie d’intégrer ce patrimoine.



Le début du printemps sous nos latitudes est le moment idéal pour se mettre au jardinage.


« Pendant que les cons finis spéculent en bourse, les confinés jardinent. »

Nous sommes partis avec les objectifs suivants.

1. Tout d’abord, produire une activité maraîchère sans aucun traitement. La biodiversité globale en place ainsi que la diversification des semences font que nous laissons la nature faire et réguler les attaques de « ravageurs ». Nous avons des problèmes avec des limaces mais en laissant une place aux autres espèces végétales (les dites « mauvaises herbes ») nous misons sur le fait que la limace opportuniste va consommer ces plantes autant que les haricots et les salades…



Arum au premier plan et pied de tomate en fond, sur pailli.


2. Nous sommes installés sur une zone sans point d’eau à proximité (pas de source, pas de ruisseau, pas de réseau municipal). Nous plantons des variétés résistantes à la sècheresse car la pénurie d’eau est un problème majeur que nous n’intégrons pas avec suffisamment d’importance dans nos systèmes agricoles occidentaux en nous plaçant près des cours d’eau pour pouvoir irriguer facilement les cultures. Aujourd’hui, plutôt que de planter du maïs issu de semences « normalisées » très gourmandes en eau, on s’aperçoit qu’en parallèle des semences issues de variétés anciennes mieux adaptées résistent au manque d’eau pendant que les autres meurent…


3. Nous semons d’autres variétés que nous essayons d’acclimater à ce type de milieu dans sa globalité. Le but ici est de produire nos propres graines afin d’avoir une palette diversifiée de fruits et légumes, au fil du temps nous l’espérons, acclimatées à ce terroir.


Alternance de choux rouges et d'artichauts au milieu de la butte et radis devant.


4. Nous bouturons les fruitiers locaux qui s’y prêtent (figuier, vigne, kiwi, groseillier…). Nous greffons sur fruitiers sauvages (merisier, prunellier, prunier myrobolan…) afin d’avoir des variétés plus résistantes.


5. Nous tentons d’adapter au mieux nos supports de cultures au contexte. Nous testons plusieurs techniques en permaculture afin d'associer au mieux cultures et milieu.






6. Fin avril, nous avons débuté la création d’un « jardin-forêt » en ouvrant un sentier montant dans une zone constituée d’arbres abattus par une lourde chute de neige du début de l’hiver dernier et de ronces et autres plantes grimpantes (lierre, houblon, tamier…). Ces éclaircies ont permis d’y intégrer des plantes maraîchères (cucurbitacés, tomates…). Le but est d’essayer d’en retirer une production sans aucun entrant (pas d’eau non plus hormis les jours après la plantation). Nous allons y suivre la « compétition » végétale qui va s’y produire et juste réguler au minimum la prolifération des plantes grimpantes aux abords.



Groseilliers sauvages sous un figuier ; courge "butternut" entre les lauriers au bord du sentier cheminant dans la partie boisée.



Une seconde petite parcelle sur le haut du village nous est aimablement prêtée par une famille qui n'avait plus le temps de s'en occuper. Elle est beaucoup plus ensoleillée, possède une réserve d'eau formidable car peuplée de têtards de crapauds calamites qui viennent s'y reproduire au printemps.


Nous décidons d'y faire une parcelle centrale plantée d'arbres fruitiers desquels plus tard nous pourront nous servir pour de futurs greffages. Il s'agit d'une parcelle test arborée de grenadier, abricotier, amandier, argousier, plaque minier, fetjoa, citronnier et mandarinier rustiques...



Un petit bilan 2023 sur les différents projets plus ou moins en agroforesterie :


Tout d'abord, fin 2022 nous décidons de centraliser les différents jardins pontois en un seul point afin de limiter les déplacements et de ne plus multiplier les tâches (travail du sol, irrigation manuelle...). Donc, le jardin maraîcher en permaculture sur les hauteurs de Pont-en-Royans et la micro-pépinière en bord de La Bourne sont rapatriés dans le jardin bien fourni sur lequel est implanté le petit verger conservatoire planté en mode densifié.


Ci-dessous, le verger conservatoire, envahi de courges "Butternut" en septembre 2022, et de topinambour en 2023.


Ci-dessous, une ligne de cerisier "Ste Lucie" à greffer début avril 2024 ; au centre, la pépinière de feuillus pour les projets 2024 avec en fond en bordure, un rang de lavande (pouvant produire pour les ateliers sur les huiles essentielles) et à gauche, un rang de pêcher-amandiers greffés en alternant 1 amandier / 1 pêcher (côté est du verger).


Le verger conservatoire est enrichi tous les ans d'un paillage varié et épais (BRF, foin, paille, fumier de chèvre et de vache...). Il mesure 4 mètres de large et 6 mètres de long pour presque une cinquantaine de variétés fruitières (4 pommiers, 3 poiriers, 3 pêchers, 1 abricotier, 1 nashi, 1 plaqueminier, 1 asiminier, 1 citronnier, 1 mandarinier, 1 oranger, 6 pruniers, 4 kiwaïs, 4 argousiers, 1 grenadier, 1 feijoa, 1 cognassier, 1 cerisier, 1 aronia, 1 poivrier de Sichuan, 2 figuiers, 2 mahonia, 1 groseiller...).


Fin d'année 2023, quelques petits projets se sont greffés à l'activité agroforestière. Tout d'abord, le conseil et la mise en place de haies diversifiées sur une parcelle agricole à Beauvoir-en-Royans, puis la plantation d'un petit verger essentiellement de pommiers sur Saint André-en-Royans et enfin un second projet sur le campus universitaire du Bourget-du-Lac avec l'implantation de zones arborées et fleuries autour du bâtiment "Pôle Montagne".


Ci-dessous à gauche, sur le verger de St André, un pommier avec la variété "Akane" greffée à l'anglaise en avril et la variété "Nationale" greffée en août un an plus tôt sur œil dormant. Au centre, en octobre, délimitation des zones à arborer autour du "Pôle Montagne" (USMB), et à droite, la plantation début décembre (70 arbres).










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